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A quand la révolution de velours de l’entreprise française ?

Par Isaac Getz,  

Un journaliste britannique a récemment décrit le rapport entre l’engagement des salariés dans leur entreprise en France comme aussi harmonieux qu’un château-margaux 1986 servi avec du poulet frit de chez KFC. Il précise que c’est le pays des 35 heures, de l’interdiction des mails après le travail et des dirigeants séquestrés. Il conclut : «Les Français n’aiment pas travailler.» Ce jugement peut paraître lapidaire, mais quelques faits sur la perception du travail en France pourraient lui donner du poids.

Gallup a publié, ce mois-ci, son étude périodique qui classe les pays selon le taux d’engagement des salariés dans leurs entreprises (1). En Europe occidentale, les Scandinaves sont au sommet, les Anglophones au milieu, et les pays latins tout en bas. Ça pourrait ressembler à un mauvais film, mais c’est encore pire.

En Norvège, située tout en haut de l’échelle, 17 % des salariés se déclarent «engagés», contre 6 % en France. Autrement dit, seulement 6 % des actifs en France viennent au travail parce qu’ils en ont envie et, une fois sur place, donnent le meilleur d’eux-mêmes. La grande majorité, 69 %, se disent «désengagés» : ce sont les «ça va comme un lundi». Ils sont 25 % à «s’amuser» au travail, pesant ainsi sur le travail de leurs collègues «engagés». Gallup les décrit comme «activement désengagés». Pas étonnant dans ces conditions que 99 % des entreprises ne survivent pas au-delà de quarante ans après leur création, avec des conséquences humaines et économiques dramatiques.

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