Clément NEYRIAL ou le dur apprentissage de libération

Clément NEYRIALClément est très jeune. C’est comme ça d’ailleurs qu’un patron Auvergnat plus expérimenté m’a parlé de lui : « Vous devez rencontrer un jeune entrepreneur local Clément Neyrial qui a libéré sa boite de manière incroyable ». J’ai trouvé Clément, lui ai parlé et proposé d’écrire son histoire.

En effet, on demande souvent, s’il y a des preuves que l’entreprise libérée marche bien mieux que l’entreprise traditionnelle. Question compliquée. D’un côté, ce n’est pas une information qu’un leader libérateur considère pour se lancer ou non dans la libération. S’il le fait pour améliorer les résultats, il va échouer car les salariés vont vite comprendre que tout cela n’est pas fondamentalement pour eux mais pour faire plus de résultat. Et les cyniques auront raison de dire qu’avant c’était l’exploitation et maintenant c’est « l’auto-exploitation ».

De l’autre côté, la philosophie de l’entreprise libérée soutien que la libération de l’initiative et du potentiel de chacun résulte naturellement en meilleure performance économique. Toutefois, il y a encore trop peu d’entreprises libérées pour dresser une comparaison empirique du genre fait dans le fameux livre de Collins et Porras  Built to Last. Ainsi, les seules preuves empiriques qu’on peut apporter sont ceux que les chercheurs appellent les expériences naturelles des cas spécifiques. Voici comment ça marche.

Il faut avoir un cas d’une entreprise sous-performante traditionnelle, qui se libère et, par conséquent, démontre des performances bien supérieure, qui… dans le deuxième temps, retombe dans le modèle traditionnel et ses performances se dégradent, qui… dans le troisième temps, se libère de nouveau et retrouve des bonnes performances. Pour que cette expérience soit considérée comme une preuve empirique, il faut bien sûr que l’entreprise évolue avec le même périmètre (pas d’acquisition/cession) et au même marché.

J’ai connu à ce jour un cas comme ça : la Poterie Lorraine dont le patron Claude Fringand a libéré et a sauvé à deux reprises (lire son histoire dans ce post).

CN industrie est le 2e cas, avec une particularité que Clément était son patron depuis le début et que dans le premier temps, comme c’est souvent avec les start-up, il a naturellement organisé son entreprise sur la base de confiance et de liberté. Par la suite, il a alterné son leadership et l’organisation de son entreprise a deux reprises avec les résultats surprenants. Vous pouvez lire son histoire ici.

NB. Clement est prévenu que son entreprise CN industrie risque de devenir un lieu de pèlerinage. Il dit « avec plaisir » mais ne mesure pas qu’il aura du coup moins de temps pour jouer au golf. Pour ne pas nous tenir responsable, nous avertissons toute suite que CN industrie n’est pas un modèle et sa libération n’est pas une recette, car il n’y a ni modèle ni recette. D’où l’intérêt de cette histoire.

 

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