Sophie PETERS sur la libération qui ne peut plus atteindre

Et si on partageait le pouvoir dans l’entreprise?

Sophie PETERS

LaTribune.fr, 22 Octobre 2012

Le malaise qui grandit dans le monde du travail sonne le glas du management, voire du modèle d’organisation pyramidale. A l’heure où la mobilisation des salariés est en souffrance, certains patrons ont fait le pari de laisser plus de liberté à leur personnel. Le meilleur moyen selon eux de rester compétitifs. Vu de loin, de très loin, on pourrait croire au monde des bisousnours. Ou à une énième élucubration managériale dont les consultants auraient le secret. Mais de management point. Il est question de s’en libérer. Visite guidée chez ces patrons «libérateurs» pour lesquels la confiance n’est pas un vain mot et qui engrangent aujourd’hui des résultats financiers insolents.

Des dîners entre copains jusqu’aux débats les plus prestigieux, comme ce week-end à la Cité de la Réussite à Paris, en passant par des notes de conjonctures sociale et autres sondages, le constat est identique: ça ne peut plus continuer comme ça! Qu’est-ce qui ne peut plus continuer? Le manque d’autonomie, de dialogue, de partage, de responsabilités en un mot de « liberté » dont souffrent les salariés aujourd’hui. « Dans un groupe où la structure n’est pas toute puissante, il est possible d’accorder une plus large place au partage d’expérience et à l’échange. On manage alors autre chose que du temps de travail. Les entreprises les plus innovantes sont celles qui incitent leurs acteurs, à tous les niveaux à échanger et à s’écouter mutuellement. Et là tout le monde se sent responsable! », a martelé Pascal Picq, le célèbre paléoanthropologue qui intervenait à la Cité de la Réussite sur « l’économie du partage ». Isaac Getz, professeur à ESCP Europe et auteur de « Liberté&Cie, quand la liberté des salariés fait le bonheur des entreprises », a lui aussi esquissé le partage des pouvoirs dans l’entreprise comme solution à la crise… mieux, comme levier de performance. C’est là que les dirigeants commencent à être attentifs, puisque la crise a l’immense mérite de mettre les « sachants » au même niveau ou presque que les « ignorants ».
Pendant quatre ans, Getz se passionne pour ces entreprises qui ne connaissent pas la crise et où les salariés coulent une vie professionnelle épanouie. Au terme de son enquête, il cherche à démontrer que la liberté donne de meilleurs résultats que le caporalisme:  « l’exercice d’un contrôle autoritaire s’accompagne d’une multitude de coûts cachés qui ne pèsent pas seulement sur les bénéfices mais sur la santé des employés (…) La grave erreur des bureaucrates est de s’imaginer que, parce qu’une chose s’appelle règle, elle est préférable à un arrangement moins formel. D’autant que la plupart de ces règles ne se bornent pas à saper le moral des salariés: elles empêchent la grande majorité d’entre eux de faire ce qui conviendrait ».

Vous pouvez lire l’article entier ici (vous pouvez aussi voir le dossier entier paru dans La Tribune Hebdo dans le post suivant).

 

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